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L’Abbaye de Talloires, 
mille ans d’histoire

La reine Thiberge y fit édifier une cella, modeste établissement religieux autour duquel des moines s’installèrent, donnant ainsi naissance au monastère. Au XVIIᵉ siècle, l’abbaye fut à deux reprises ravagée par le feu. Reconstruite, elle fut érigée en Abbaye royale en 1674 par un bref du pape Clément X. En 1681 débuta la construction des bâtiments actuels, comme en témoigne la date inscrite sur la porte d’entrée.
Après la Révolution française, le monastère devint successivement une exploitation viticole, puis un relais à chevaux vers 1840. En 1862, il fut transformé en auberge, devenant ainsi le premier hôtel-restaurant des rives du lac d’Annecy. Aujourd’hui encore, l’abbaye conserve de précieux témoins de son passé, tels que le cloître, la galerie desservant les anciennes cellules des moines ou encore la chambre du Prieur.



Lothaire II

Talloires entre dans l’histoire en 866, sous le règne de Lothaire II — arrière-petit-fils de Charlemagne — lorsque celui-ci répudia sa première épouse, Thiberge, et lui ordonna de résider à Talloires. Elle y vécut jusqu’à sa mort et, au cours de ce long exil, fit édifier à l’emplacement de la future abbaye une cella, modeste établissement religieux composé d’une chapelle et de quelques abris destinés à accueillir les moines errants.

RODOLPHE III 
& ERMENGARDE

Cent cinquante ans plus tard, le domaine de Talloires fut donné à l’abbaye bénédictine de Savigny, près de Lyon, par le roi et la reine de Bourgogne, Rodolphe III et Ermengarde. Le premier prieur, Germain, fit édifier en quelques années, avec l’aide des habitants de Talloires, une grande église à l’emplacement de la cella de Thiberge alors en ruine. Aujourd’hui disparue, elle constitua le premier édifice d’envergure du monastère.

À ses côtés s’élevèrent rapidement d’autres bâtiments destinés au logement des moines, prenant place dans le cadre remarquable de la baie de Talloires, encadrée par les montagnes environnantes.

la révolution

La Révolution n’atteignit Talloires qu’en juillet 1792. Le clocher de l’église abbatiale fut alors détruit — la tradition veut que ses cloches reposent encore au fond du lac — et des archives vieilles de près de sept cents ans furent livrées aux flammes lors d’un immense bûcher dressé sur la place des Marronniers.

Les ruines de l’abbaye furent définitivement rasées en 1833.

paul cézanne

Après quelques décennies d’oubli, Talloires retrouva un nouvel élan lorsque la beauté de son cadre attira une société d’artistes, d’écrivains et de voyageurs en quête de villégiature. Une, puis deux auberges s’installèrent au bord du lac, accueillant les visiteurs arrivant par bateau depuis Annecy.


clément X

En 1674, un bref du pape Clément X érigea l’insigne prieuré en Abbaye royale. Cette période marqua toutefois le début d’un lent déclin : les moines, devenus de véritables seigneurs féodaux, menèrent une existence fastueuse qui suscita un esprit de révolte au sein de la population locale.

Les vestiges encore visibles témoignent aujourd’hui de cette époque, à la fois prestigieuse et contrastée, dont l’empreinte demeure inscrite dans l’histoire de l’abbaye.


XXIᵉ siècle 
à nos jours

C’est au début de ce siècle que la renommée de Talloires s’est affirmée à l’échelle internationale, portée par la beauté de son site, la qualité de sa gastronomie et l’excellence de son accueil.